Biarritz Good Fashion 2026 : la mode peut-elle prospérer en produisant moins ?

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Pendant que les podiums parisiens rangent leurs décors, c’est au Pays basque, de l’autre côté du Sud-Ouest, que se joue une autre conversation sur la mode. Les 15 et 16 octobre 2026, Biarritz Good Fashion réunit à Bidart marques, industriels, régions et chercheurs autour d’une question simple à poser et difficile à résoudre : la mode peut-elle prospérer en produisant moins ?

En bref
• 9ᵉ édition de Biarritz Good Fashion, les 15 et 16 octobre 2026, à l’école d’ingénieurs ESTIA de Bidart.
• Thème : « Comment construire une industrie de la mode durable dans un monde instable ? »
• Au programme : recyclage textile à l’échelle industrielle, robustesse des entreprises et compétences des métiers de demain.

Une édition placée sous le signe de la robustesse

Selon FashionUnited, cette neuvième édition s’inspire des travaux du biologiste Olivier Hamant. Son idée : à force d’optimiser en permanence, on rend les systèmes fragiles, alors que la robustesse, une marge de manœuvre volontairement conservée, permet de durer. Appliquée à la mode, la réflexion vise un secteur qui a longtemps misé sur le volume, la vitesse et les prix bas.

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Le sujet n’a rien d’abstrait pour les marques présentes, dont plusieurs enseignes grand public : la question est de savoir comment rester rentable en vendant moins de pièces, mais des pièces qui durent.

Jeudi : penser demain pour durer

La première journée s’ouvre avec Isabelle Lefort, de Paris Good Fashion, sur les choix des citoyens en faveur d’une mode désirable et responsable. Une table ronde réunit ensuite Lucie Thomas, de Promod, et Marie Nguyen, de WeDressFair, autour d’une question qui intéresse directement les clientes : une offre plus responsable change-t-elle vraiment les comportements d’achat ?

La fin de matinée porte sur l’adaptabilité des entreprises, avec Arthur Charle, de la marque Cocorico, et Emilie Jeanjean, du Groupe LIM. L’après-midi est consacré à un chantier très industriel : passer du recyclage textile expérimental à une véritable filière, avec notamment des représentants du Relais Est, de Circ et du CETI.

Vendredi : les compétences, nerf de la guerre

La seconde journée regarde du côté des métiers. Les filières du cuir, du textile, de l’habillement et de la chaussure y sont représentées, avec la fédération européenne Euratex, l’Union des industries textiles et des élus des régions Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes. Refashion, l’éco-organisme de la filière, intervient sur la transmission des savoir-faire et l’attractivité de ces métiers.

La journée se termine par une visite du CETIA, voisin direct de l’école.

Le CETIA, laboratoire du tri automatisé

Le CETIA n’est pas un nom inconnu dans le Sud-Ouest. Comme l’expliquait Le Journal des Entreprises en 2022, cette structure a été créée fin 2021 par l’ESTIA et le Centre européen des textiles innovants de Tourcoing. Elle se présente comme la première plateforme d’innovation dédiée au tri et au démantèlement automatisés des vêtements et chaussures en fin de vie : tri par composition et par couleur, retrait des boutons, zips et coutures qui bloquent le recyclage. Son investissement initial de 1,5 million d’euros a été financé pour moitié par la Région Nouvelle-Aquitaine.

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Sa directrice, Chloé Salmon-Legagneur, figure parmi les intervenants de la table ronde sur l’industrialisation du recyclage.

Ce que ça change pour votre garde-robe

Ces débats peuvent sembler loin des cintres. Ils dessinent pourtant la mode qu’on trouvera en boutique dans quelques années : des collections plus resserrées, des matières pensées pour être recyclées, des vêtements plus faciles à réparer. Pour une Toulousaine ou un Toulousain attentif à son style, la tendance se traduit déjà par des réflexes simples : acheter moins de pièces mais de meilleure facture, regarder la composition sur l’étiquette, faire réparer plutôt que jeter, et déposer ses textiles usés dans un point de collecte.

Le Sud-Ouest, avec son école d’ingénieurs, son centre de tri expérimental et ses rendez-vous comme Biarritz Good Fashion, s’installe ainsi comme l’un des terrains d’essai de cette mode plus durable.

Questions fréquentes

Où se tient Biarritz Good Fashion 2026 ?

À l’ESTIA, l’école supérieure des technologies industrielles avancées, à Bidart, près de Biarritz.

Quel est le thème de cette édition ?

« Comment construire une industrie de la mode durable dans un monde instable ? », inspiré des travaux d’Olivier Hamant sur la robustesse.

Qu’est-ce que le CETIA ?

Une plateforme d’innovation créée fin 2021 par l’ESTIA et le CETI, consacrée au tri et au démantèlement automatisés des textiles et chaussures en fin de vie.

Lina Mazzoni

La mode et la beauté m'accompagnent depuis toujours, et j'en ai fait mon métier d'éditrice depuis une dizaine d'années. J'écris sur les tendances vestimentaires, la lingerie, les accessoires et les routines beauté, avec l'envie d'aider chacune à trouver son style plutôt qu'à suivre aveuglément les diktats. J'aime décrypter une silhouette, expliquer comment choisir une matière, une coupe ou un soin selon sa morphologie et sa peau, et démêler le vrai du marketing dans les produits beauté. Avant de recommander une pièce ou un cosmétique, je vérifie la composition, la qualité et le rapport qualité-prix, et je teste quand c'est possible. Je tiens à un ton inclusif, loin des injonctions et des complexes. Mon angle : la mode comme plaisir et expression de soi, pas comme course épuisante aux nouveautés. Bien s'habiller, c'est d'abord se sentir bien. Retrouvez Lina Mazzoni sur linamazzoni.fr

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